Justice pour Abdoulla

Communiqué de presse

Expulsion arbitraire et inhumaine d’un niçois innocent

24/12/2021

Résumé des faits :

A 17h30 avant-hier soir (mercredi 22 décembre 2021), Abdoulla Midalichov, jeune homme au casier de judiciaire vierge résident à Nice, est arrêté arbitrairement par la police qui l’informe de l’existence d’un avis d’expulsion à son égard effectif sur le champ. Abdoulla est menotté pieds et poings, cagoulé et emmené de force à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, où on le fait prendre, sous la menace, un avion en direction de Moscou en Russie. A l’heure où vous lisez ces lignes, le jeune homme est en vie mais à des milliers de kilomètres de sa famille, exilé dans un pays dont il ne parle pas la langue pour un crime qu’il n’a pas commis.

Abdoulla Midalichov, né le 1er octobre 1999 en Tchétchénie, s’installe en France en 2003 avec ses parents ayant pris la décision de fuir leur pays d’origine pour échapper aux autorités Russe.
Dès lors, la famille Midalichov obtient le statut de réfugiée politique dont Abdoulla jouit librement jusqu’à ses 18 ans, âge auquel il décide de faire une demande de titre de séjour. La procédure est extrêmement longue, la réponse se fait attendre, et, deux ans après avoir formulé sa demande Abdoulla apprend que cette dernière est refusée.
Il s’adresse alors à l’OFPRA afin de renouveler son statut de réfugié — qui lui est également refusé. Le jeune homme, qui se retrouve alors malgré lui en situation irrégulière, fait un recours — qui sera aussi refusé en 2020.
Suite à l’attentat de Samuel Paty en octobre 2020 perpétré par un réfugié tchétchène, le ministère de l’intérieur souhaite « montrer l’exemple » et prend des mesures plus drastiques envers la communauté tchétchène de France. C’est à cette époque que la situation d’Abdoulla se dégrade significativement : Le ministère émet un avis d’expulsion à l’égard d’Abdoulla et, en décembre 2020, des policiers viennent chercher le jeune homme au domicile familial dans l’objectif de le faire expulser sur le champ du territoire national. Grâce à l’intervention in extremis de son avocat, l’expulsion n’a pas lieu.
S’ouvre alors un nouveau chapitre pour le jeune homme qui est désormais assigné à résidence et doit se rendre au commissariat de police de Nice trois fois par jour afin d’attester du bon respect de sa sentence — sentence qui ne vient punir aucun méfait puisque, rappelons-le, le casier judiciaire de la victime est vierge. Cet assignation à résidence met en pause la vie entière d’Abdoulla qui est à l’époque étudiant et ne peut notamment pas assister à ses partiels à cause de l’obligation de pointer au commissariat.
Simultanément, l’avocat d’Abdoulla tente de faire abroger l’arrêté d’expulsion, toujours d’actualité bien qu’illégal et inconstitutionnel puisqu’émis, non pas par un juge comme le prévoit la loi, mais par le ministère de l’intérieur. Ce dernier a alors jusqu’au 17 décembre 2021 pour répondre à l’avocat de la famille Midalichov – ce qu’il ne fait pas.

Le mercredi 22 décembre 2021 à 17h30, le calvaire s’intensifie et prend une tournure inattendue, qu’on croirait tout droit sortie d’un film hollywoodien. Alors qu’Abdoulla Midalichov se rend au poste de police où il pointe quotidiennement, on lui apprend qu’il ne quittera pas les lieux ce soir-là : les officiers lui présentent un nouvel arrêté d’expulsion effectif immédiatement. Abdoulla n’a le temps de prévenir qui que ce soit – ni ses proches ni son avocat – et est arrêté sur le champ et sans jugement préalable. Après avoir été menotté pieds et poings, puisque sa vue ait été obstruée, il est emmené de force, depuis Nice, jusqu’à un commissariat de la région parisienne à proximité de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Là, il est trainé de cellule en cellule de 2h à 7h le lendemain (jeudi 24 décembre 2021), heure à laquelle il est emmené à l’aéroport pour être mis de force et sous la menace dans un avion en direction de Moscou en Russie.
Abdoulla a réussit à brièvement contacter sa famille pour lui faire part de sa situation qui est des plus critiques. Il se retrouve seul, exilé dans un pays dont il ne connait pas la langue, punit pour un crime qu’il n’a pas commis.

Contacts:

Ayoub Midalichov — Frère de la victime et porte parole : 06 95 75 00 33 — ayoubmail97@gmail.com

Me Zia Ouloumi — Avocat de la famille Midalichov : 07 87 66 31 51 — info@oloumi- avocats.com

Annexe:

Témoignage de Ayoub Midalichov :

Je ne saurais vous décrire fidèlement à quel point je suis SCANDALISÉ.

Mercredi 22 décembre 2021 alors que je faisais les courses à Leclerc vers 18h00, je reçois un appel de ma sœur, très inquiète, qui m’informe que mon frère MIDALICHOV Abdoulla ne donne étrangement plus de nouvelle depuis qu’il est allé pointer, alors que ça n’a jamais été le cas.
Je m’empresse de l’appeler, mais son téléphone est éteint. Je me dirige donc immédiatement à la caserne Auvare où il pointe TROIS fois par jours, et ce depuis plus d’UN an. Je demande de ses nouvelles à l’accueil, mais rien. J’appelle les urgences de Nice, mais rien non plus. J’appelle l’avocat, mais on me dit qu’il est occupé. Je me rends en urgence à son cabinet — par miracle, il s’y trouvait encore. Je lui explique les faits et lui fais savoir ma grande inquiétude. Durant toute la nuit, il fait son possible en appelant à droite à gauche, en partant de la caserne Auvare, le commissariat de Nice, la police aux frontières, le parquet etc … Mais rien. Ils disent ne rien savoir.

On passe la nuit dans le doute et l’incertitude, envahis de questions sans réponse concernant notre frère. Où est-il ? Est-ce qu’il va bien ? Que lui est-il arrivé ? Au matin, vers 8h00, un appel … c’est mon frère. Il nous appelle pour nous informer qu’il est à Paris et que la police va l’emmener dans un avion pour Moscou dans 20 minutes. Il raccroche. On rappel, mais trop tard, son téléphone est de nouveau éteint. Le choc.

Deux heures plus tard, on arrive à échanger avec lui sur WhatsApp. Il nous fait savoir ce qu’il s’est passé.
A son pointage de 17h30, ils le font entrer dans le commissariat, ils lui présentent un arrêté d’expulsion et l’informent qu’il est exécutif tout de suite. Ils le fouillent, le palpent, le menottent, lui mettent comme un casque de boxe, la cagoule, lui attachent les pieds et l’embarquent. Pendant un instant, j’ai pensé en écoutant son témoignage que j’étais le frère de Pablo Escobar. Ils l’informent qu’ils ont l’ordre de l’emmener à Paris. À 18h00 ils prennent la route.
2h00 du matin, ils arrivent à côté de l’aéroport CDG, dans un commissariat. Ils le mettent dans une cellule sans lui dire le moindre mot. À 7h00 du matin, ils l’emmènent à l’aéroport menotté, arrivée sur place, ils le fouillent de nouveau plus de trois fois et le mettent dans une autre cellule. À la suite de cela, trois hommes arrivent et le menacent : « On va t’emmener de force que tu le veuilles ou non dans l’avion, si tu ne coopères pas, ça va mal se passer, on va utiliser la manière forte. En plus, on va donner un mauvais avis aux autorités russes, tu feras de la prison ou tu passeras un mauvais moment ». Ils l’ont menotté de nouveau, lui ont attaché les jambes et l’ont jeté dans une voiture direction l’aéroport. Ils lui ont dit : « Si tu es cool, on va t’enlèvera les menottes au démarrage ». Ce qui n’a pas été fait. Ils lui ont dit : « Arrivé en Russie, un Français va t’aider pour partir ». Personne. Il s’est retrouvé seul. On a dû remuer ciel et terre pour l’aider, lui qui ne parle pas un mot russe. L’administration sur place lui a délivré un papier, valable un mois, en date du 15.12.21 au 13.01.22.
À l’heure où je vous parle, il va bien, mais on craint le pire. J’éprouve un profond dégoût pour tous ceux qui sont la cause de tout cela. Comment, dans un ETAT DE DROIT, ce genre de chose est possible ? Abdoulla a fait TOUT ce qu’on lui a demandé, en pointant TROIS FOIS PAR JOUR PENDANT UN AN sans JAMAIS manquer un seul de ces pointages qui sont à 9h30, 14h30 et 17h30. Qu’est-ce que c’est ça ? Le ministère de l’Intérieur avait jusqu’au 17 décembre 12h00 pour apporter des preuves concrètes aux accusations qui pesaient sur mon frère. Rien. Si ce n’est une réponse hors délai qui est parvenu à l’avocat le 21.12.2021. Sa procédure était passée d’une procédure accélérée à une procédure NORMALE. On devait avoir une date d’audience pour passer devant le tribunal. Mon frère a été déporté ILLÉGALEMENT alors qu’il avait le statut de demandeur d’asile, sans préavis, sans en informer qui que ce soit, dont même l’avocat. Sans, au passage être jugé alors qu’il n’a JAMAIS été condamné pour quoi que ce soit. Je compte faire TOUT ce qui est en mes capacités pour mon frère. Je suis DÉTERMINÉ, je ne lâcherai RIEN jusqu’à ce qu’il nous revienne SAIN et SAUF. Il est du devoir de la France de faire le nécessaire le plus rapidement possible.

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